Le bon sens de la couverture de survie quand on attend les secours

On est en rando, quelqu’un se tord la cheville sur un sentier exposé au vent. Le groupe appelle les secours, sort la couverture de survie du sac, la déplie. Et là, le doute : face dorée vers le corps ou face argentée ? Le choix du sens de la couverture de survie conditionne directement son efficacité pendant l’attente, qui peut durer plus d’une heure en montagne.

Isoler du sol avant de choisir le sens de la couverture de survie

Les formations secours en montagne récentes insistent sur un point que la plupart des articles oublient : la couverture de survie ne sert à rien si la victime est posée directement sur le sol. Neige, rocher, terre humide, tôle d’un véhicule, tout ça conduit le froid bien plus vite que l’air ambiant.

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Avant même de déballer la couverture, on isole la personne du sol. Un sac à dos vidé et aplati, une veste pliée, des branches, un tapis de sol, n’importe quoi qui coupe le contact direct. Sans cette barrière, le corps perd sa chaleur par conduction, et la couverture posée par-dessus ne compense pas cette fuite.

Ensuite seulement, on passe à l’étape suivante : mettre la personne à l’abri du vent si c’est possible (un rocher, un muret, un talus), puis envelopper avec la couverture. La séquence terrain, c’est abri, isolation du sol, couverture. Dans cet ordre.

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Jeune femme allongée dans une forêt recouverte d'une couverture de survie en attendant les secours

Face argentée ou face dorée : quel sens selon la situation

La couverture de survie a deux faces parce qu’elles ne font pas la même chose. La face argentée réfléchit le rayonnement infrarouge, c’est-à-dire la chaleur émise par le corps. La face dorée absorbe le rayonnement extérieur, notamment solaire.

Protéger du froid en attendant les secours

Face argentée vers le corps, face dorée vers l’extérieur. C’est le cas le plus fréquent en secourisme de terrain. La personne est immobile, blessée ou en état de choc, et on veut limiter au maximum les pertes de chaleur.

La face argentée, tournée vers la peau (ou les vêtements), renvoie le rayonnement infrarouge corporel. La face dorée, orientée vers l’extérieur, capte la chaleur du soleil si la météo le permet. On obtient un double effet : conservation de la chaleur interne et captation de la chaleur externe.

Protéger de la chaleur ou d’un coup de soleil

Face argentée vers l’extérieur cette fois. L’objectif change : on veut réfléchir le rayonnement solaire pour éviter qu’il atteigne la personne. En cas de coup de chaleur, on place la couverture comme un pare-soleil, face argentée vers le ciel pour renvoyer les infrarouges solaires.

Les retours varient sur l’efficacité réelle de la couverture dans ce contexte, car le principal geste reste de mettre la personne à l’ombre, de la ventiler et de l’hydrater. La couverture complète ces actions, elle ne les remplace pas.

Erreurs fréquentes qui réduisent l’efficacité de la couverture

Sur le terrain, on voit souvent les mêmes gestes qui annulent une partie du bénéfice de la couverture de survie. En connaître la liste permet de les éviter sous stress.

  • S’enrouler sans isoler du sol : l’humidité et le froid remontent par conduction, la couverture ne compense pas cette perte. Toujours interposer une couche entre le sol et le corps.
  • Laisser la couverture ouverte au niveau du cou ou des pieds : le vent s’engouffre et crée un courant d’air qui évacue la chaleur. On ferme les extrémités en repliant la couverture sous le corps, sans serrer au point de gêner la respiration.
  • Plaquer la couverture directement sur la peau mouillée sans avoir retiré les vêtements trempés : l’évaporation de l’eau continue de refroidir le corps. Si c’est possible, on retire les vêtements mouillés avant d’envelopper.
  • Poser la couverture sur le visage : on laisse toujours le visage dégagé pour la respiration et la surveillance de la victime.
  • Confondre les deux situations : face argentée vers le corps pour le froid, face argentée vers l’extérieur pour la chaleur. L’inverse aggrave le problème dans les deux cas.

Couverture de survie et vent : le facteur qu’on sous-estime

La couverture de survie est une feuille de polyester métallisé extrêmement fine. En terrain venté, elle claque, se déchire, s’envole. Quand on attend les secours sur une crête ou un col, le vent est l’ennemi principal de la couverture, pas le froid seul.

Quelques gestes concrets changent la donne. On cale les bords de la couverture sous le corps de la victime ou sous des pierres. On peut aussi demander à une personne du groupe de maintenir la couverture au niveau de la tête pendant que la victime reste allongée. L’objectif est de créer une poche d’air immobile entre le corps et la couverture, car c’est cette lame d’air qui isole, pas le film lui-même.

Si la couverture se déchire (ce qui arrive souvent à cause du vent ou des aspérités du sol), elle reste partiellement utile. On couvre en priorité le tronc, là où les pertes de chaleur sont les plus importantes.

Deux rescapés enveloppés dans une couverture de survie isotherme sur une falaise côtière en attente des secours

Quand la couverture de survie ne suffit pas

La couverture de survie est un outil de protection temporaire. Elle ralentit les pertes de chaleur, mais elle ne réchauffe pas une personne déjà en hypothermie avancée. Si la victime tremble de façon incontrôlable, a du mal à parler ou semble confuse, la couverture seule ne suffira pas.

Dans ce cas, on ajoute tout ce qu’on a : vêtements secs des autres membres du groupe, deuxième couverture si disponible, contact corporel (une personne allongée contre la victime sous la couverture). On continue de surveiller la respiration et l’état de conscience en attendant l’arrivée des secours.

La couverture de survie reste un complément aux gestes de premiers secours, pas un substitut. Son efficacité dépend moins du sens choisi que de la séquence complète : abri, isolation du sol, protection contre le vent, puis enveloppement correct avec la bonne face orientée selon la situation. Garder cette séquence en tête vaut mieux que retenir uniquement la règle dorée/argentée.