SGPT transaminases élevées : lien avec cholestérol, diabète et surpoids

Un taux de SGPT (ou ALAT) supérieur à la normale n’indique pas systématiquement une maladie du foie. Chez de nombreux adultes présentant une élévation persistante, il existe une association avec une hypercholestérolémie, un diabète de type 2 ou un surpoids, même en l’absence de symptômes. Les recommandations médicales récentes insistent sur l’importance de rechercher ces facteurs métaboliques devant une anomalie biologique isolée.

La surveillance régulière des transaminases fait désormais partie du suivi de santé chez les personnes à risque cardiométabolique. Une prise en charge précoce permet de limiter les complications hépatiques et d’adapter les traitements.

Transaminases (ASAT, ALAT) : comprendre leur rôle et ce que révèle un taux élevé

Les transaminases, longtemps associées à la seule surveillance du foie, occupent aujourd’hui une place centrale dans l’évaluation des déséquilibres métaboliques. Deux enzymes cristallisent l’attention : l’ALAT (SGPT, alanine aminotransférase) et l’ASAT (SGOT, aspartate aminotransférase). Issues du foie, mais aussi présentes dans le cœur et les muscles, elles interviennent dans le métabolisme des acides aminés. Leur dosage s’effectue via une simple prise de sang et fait systématiquement partie du bilan hépatique.

Une élévation des transaminases, mesurée en unités internationales par litre (UI/L), reflète le plus souvent une cytolyse hépatique : une destruction des cellules du foie. À l’origine, les causes sont variées : hépatite virale, usage intensif d’alcool, effets secondaires de médicaments ou surcharge métabolique. Mais chez de nombreux patients, on observe une augmentation modérée et durable de l’ALAT sans signe clinique notable, révélatrice parfois d’une stéatose simple ou d’une atteinte hépatique liée au métabolisme.

La différence entre ASAT et ALAT guide le diagnostic. L’ALAT, plus spécifique du foie, monte principalement dans les atteintes hépatiques bénignes ou prolongées. L’ASAT, que l’on retrouve dans d’autres tissus, grimpe également lors d’infarctus ou de lésions musculaires. Il convient toujours d’interpréter ces résultats avec son médecin traitant, qui adaptera les examens complémentaires à la situation et à l’histoire médicale.

Medecin et jeune femme discutent dans un cabinet médical

Cholestérol, diabète, surpoids : comment ces facteurs influencent les transaminases et quand consulter ?

L’augmentation des transaminases, parfois révélée lors d’un bilan hépatique de routine, ne se limite plus aux infections virales ou à l’alcool. La stéatose hépatique, conséquence d’une accumulation de graisses dans le foie, s’impose aujourd’hui comme la première cause de ces anomalies biologiques, en lien direct avec le syndrome métabolique. Cholestérol élevé, diabète de type 2 et surpoids forment un trio qui favorise la progression d’un simple « foie gras » vers la NASH (stéatohépatite non alcoolique), voire jusqu’à la cirrhose.

L’excès de masse grasse, identifié par l’IMC ou le tour de taille, entraîne une accumulation de triglycérides dans les cellules du foie. Celui-ci, mis à rude épreuve, libère alors davantage d’ALAT et d’ASAT dans le sang. Le diabète aggrave encore le phénomène via l’insulinorésistance, et l’hypercholestérolémie accentue le risque de complications.

Certains signes doivent alerter, en particulier en présence de facteurs métaboliques :

  • augmentation persistante des transaminases sur plusieurs mois
  • présence d’un syndrome métabolique
  • antécédent familial de maladies hépatiques

Il est recommandé de consulter rapidement dès l’apparition d’une fatigue inexpliquée, de douleurs abdominales ou si l’on a déjà eu une consommation d’alcool notable. Le médecin traitant décidera alors s’il faut approfondir le bilan : analyse du profil lipidique, dépistage d’une hépatite virale, évaluation du mode de vie, voire discussion d’une biopsie hépatique dans certains cas spécifiques.

Face à une simple anomalie sur l’analyse de sang, c’est souvent tout un mode de vie qui se dévoile, et, parfois, l’opportunité de changer le cours de sa santé avant que le foie ne tire définitivement la sonnette d’alarme.