Un simulateur IJ permet à un salarié d’estimer en quelques minutes le montant des indemnités journalières que la CPAM versera pendant un arrêt maladie. Mais l’estimation brute affichée à l’écran ne représente pas nécessairement la somme qui apparaîtra sur le compte bancaire. Comprendre ce que le simulateur calcule, ce qu’il ignore et comment l’intégrer dans une préparation budgétaire concrète change la façon d’utiliser cet outil.
Ce que le simulateur indemnités journalières calcule réellement
La formule appliquée par les simulateurs d’IJ maladie pour les salariés du privé repose sur trois éléments : le total des salaires bruts des trois derniers mois, divisé par 91,25, puis multiplié par 50 %. Ce salaire journalier de base est plafonné à 1,4 SMIC mensuel, soit 2 613,83 € bruts par mois selon les données disponibles dans les sources du secteur.
Le montant brut obtenu est ensuite réduit par des prélèvements sociaux (CSG et CRDS) au taux de 6,70 %. C’est ce montant net qui correspond à l’indemnité versée par l’Assurance maladie, et c’est lui que les simulateurs affichent en résultat final.
Un délai de carence de trois jours s’applique systématiquement pour un arrêt maladie ordinaire : aucune indemnité n’est versée pour les trois premiers jours, quelle que soit la durée totale de l’arrêt. Les simulateurs sérieux intègrent ce paramètre dans le calcul global.
Tableau comparatif : IJ brute, IJ nette et maintien de salaire selon le profil

Le montant affiché par un simulateur ne suffit pas toujours à prévoir la somme effectivement perçue. Deux salariés avec le même salaire brut peuvent recevoir des montants très différents selon leur situation réelle.
| Situation | IJ versée par la CPAM | Complément employeur | Somme reçue par le salarié |
|---|---|---|---|
| Salarié sans subrogation, sans prévoyance | Oui, directement | Selon convention collective | IJ + éventuel complément |
| Salarié avec subrogation employeur | Non, versée à l’employeur | Maintien de salaire partiel ou total | Maintien de salaire uniquement |
| Salarié avec prévoyance collective | Oui ou via subrogation | Complément prévoyance | IJ + complément prévoyance |
| Fonctionnaire | Non applicable (régime spécifique) | Règles de congé maladie propres | Variable selon statut |
La subrogation est un mécanisme par lequel l’employeur perçoit les IJ à la place du salarié et maintient une rémunération en échange. Vérifier si votre employeur pratique la subrogation est donc la première démarche à effectuer avant d’interpréter le résultat d’un simulateur.
Au-delà du montant journalier : construire un budget d’arrêt maladie
L’angle que les concurrents n’exploitent pas suffisamment est celui de la projection budgétaire complète. Connaître l’IJ nette quotidienne ne suffit pas : il faut croiser ce montant avec la durée probable de l’arrêt, le délai de carence, le délai de versement effectif de la CPAM et les règles de maintien de salaire applicables dans l’entreprise.
Le délai entre la prescription de l’arrêt et le premier versement de la CPAM peut atteindre plusieurs semaines. Pendant cette période, le salarié doit disposer de ressources propres ou bénéficier d’un maintien de salaire de l’employeur. Anticiper ce décalage de trésorerie est l’un des principaux apports d’une simulation réalisée en amont.
Pour les arrêts de longue durée, la durée d’indemnisation est elle-même limitée. Un arrêt relevant de règles transitoires spécifiques peut ouvrir droit à une indemnisation limitée à un an au lieu de trois, selon la date de prescription et l’ancienneté de l’arrêt. Ce point ne figure dans aucun simulateur grand public : il doit être vérifié directement auprès de la CPAM.
Conditions d’ouverture de droits aux IJ maladie pour un salarié
Un simulateur IJ ne vérifie pas automatiquement si le salarié remplit les conditions d’ouverture de droits. Rentrer un salaire et obtenir un résultat ne signifie pas que les IJ seront effectivement versées.
- Pour un arrêt de moins de six mois : le salarié doit justifier d’un certain nombre d’heures de travail ou de cotisations sur les mois précédant l’arrêt. Les conditions précises sont définies par la réglementation de l’Assurance maladie et peuvent évoluer.
- Pour un arrêt de plus de six mois : des conditions renforcées s’appliquent, portant notamment sur la durée d’immatriculation et le montant des cotisations versées sur une période plus longue.
- Pour un arrêt lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle (AT/MP) : les règles de calcul diffèrent de celles d’un arrêt maladie ordinaire. Utiliser un simulateur conçu pour le régime général peut produire une estimation inadaptée pour ce type d’arrêt.
Les demandeurs d’emploi indemnisés par France Travail relèvent d’un calcul spécifique. Certains simulateurs le précisent, d’autres non : vérifier le périmètre de l’outil avant de l’utiliser est nécessaire.
Prévoyance collective et IJ : ce que le simulateur ne montre pas
Le résultat d’un simulateur d’indemnités journalières ne tient compte que de la part Sécurité sociale. Or, de nombreux salariés bénéficient d’un contrat de prévoyance collective souscrit par leur employeur, qui complète les IJ de la CPAM jusqu’à un certain pourcentage du salaire de référence.
Ce complément prévoyance varie selon les contrats et les conventions collectives. Il peut couvrir partiellement ou totalement la perte de revenu, selon le niveau de garanties souscrit. Pour estimer le revenu réel pendant un arrêt, il faut donc consulter le document d’information du contrat de prévoyance applicable dans l’entreprise, en plus du simulateur IJ.
Les salariés qui ne bénéficient d’aucune prévoyance collective peuvent envisager une couverture individuelle. Dans ce cas, le résultat du simulateur IJ devient la base de calcul pour évaluer le niveau de garantie à souscrire : la différence entre le salaire net habituel et l’IJ nette représente le montant à couvrir.
Quelles informations préparer avant d’utiliser un simulateur IJ
Un simulateur fiable demande des données précises pour produire une estimation exploitable. Réunir ces informations avant de lancer la simulation évite les erreurs d’interprétation.
- Les trois dernières fiches de paie : elles fournissent le salaire brut mensuel nécessaire au calcul du salaire journalier de base. Les primes variables ou exceptionnelles peuvent modifier le résultat selon qu’elles sont incluses ou non dans la base de calcul.
- La durée estimée de l’arrêt : même approximative, elle permet de projeter le nombre de jours indemnisés en déduisant le délai de carence et en tenant compte des plafonds de durée.
- Le statut de subrogation : à demander au service RH ou à vérifier dans le contrat de travail et la convention collective applicable.
Le résultat produit par un simulateur IJ reste une estimation : le montant exact est calculé et validé par la CPAM sur la base des données déclarées par l’employeur. Pour un arrêt dont la durée dépasse quelques semaines, il peut être utile de contacter directement la caisse d’assurance maladie afin de confirmer les droits ouverts et le montant réel qui sera versé.

